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Blog littéraire du poète François Szabo bibliographie mise à jour de François Szabo avec ses poèmes en ligne en français, espagnol, catalan, italien

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Quine Chevalier

 

Quine Chevalier

 

 

 

 

Arrêt du train. Pas une goutte ne s’échappe

du seau des maçons.

Tôles flanquées dans la boue

blessure raphia.

 

Ni faim ni soif, des heures  de sommeil

en attente, empilées.

 

                   Instance de source

                   par magie s’ouvrent

                   des ravines qu’entoure

                   à midi l’épaule nue d’un berger.

 

 

Libre de l’heure ancienne

aiguisée à la nuque

de frontière à frontière

 

tu es sans âge

sur un fleuve qui s’anime.

 

 

A la proue d’une joie

tu adviens, impunie

dans une mort effacée.

 

                                                                      Quine Chevalier

 

                                                                      Blessure raphia, page 5

 

 

 

 

 

Hors du bruit qui cimente la ville,

qu’as-tu vu en ce jour pour inquiète mémoire

quelle perte sanglante fait baisser le regard ?

 

               Pigment de bruits

               les yeux se ferment

 

Lèvre déliée au savon noir

 

S’enfuit comme voleur

sur le hublot du souvenir

l’aéroport.

 

Dans le train vers Tanger

il n’y a pas d’air

 

A peine une fenêtre étroite

où respirer. Murs étiolés

entre les arbres.

 

A l’abri de pierres sombres, des ânes

tannés de sel et de mémoire.

Tu t’inquiètes du rien, ton cœur vit à l’étroit

dans une cage à colibris.

 

 

                                                                        Quine Chevalier

 

                                                                         Blessure raphia, page 2

              

 

 

 

 

 

 

 

 

Terrasses blanches et de zéliges

palmes berçant la nuit des rois

 

Avec des flèches de bois rose

le cœur touché

ne quitte pas

 

Avec des arbres pour navire

et la musique au bout des doigts

 

un homme danse ses vertiges

l’ombre descend

 

Rythme andalou et fleur mortelle

Roi phénicien dort dans la pierre

entre Tanger et l’autre rive

à bout de larmes

 

Une nuit immense qui s’éveille

 

 

 

 

                                                             Quine Chevalier

 

                                                             Blessure raphia, page 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bol de terre rouge

où tourmenter ma lèvre

 

moins vite que le train

des camions descendent

au péril du voyage

 

geste d’eau à portée,

 

le corps en transhumance

hors de l’aride, et tu goûtes

comme une agave déchirée

sur ton visage en sommeil

l’envergure sciée du vent.

 

Miel comme jamais-vertige

creusant à l’aine

une étoile.

 

Nous quittons les terres dessinées

à la source secrète.

Ruisselets clairs entre les grains meubles,

quelle offense d’un soir

vers le ciel veut jaillir ?

 

                                                                 Quine Chevalier

 

                                                                  Blessure raphia, page 4

 

 

 

 

Le miel fait défaut et la route

tremble de toute part.

Tu vis ici comme un ailleurs,

ton visage que dit-il sur l’envers des carènes ?

 

Filent les bancs verts de roseaux,

grimpent au bord de mer toutes les vignes

vers Tanger.

 

Au fond des terres déchiffrées tu comptes

les moissons de grappes.

            La mer augmente

le poème muet. Que ne s’élève-t-il au-delà

des traverses.

 

Pierres tantôt blanches, le sel instaure

son royaume. Entrelacs du vent

où paissent

rudement les agneaux en errance.

 

Où va celui qui perd son billet

et donne deux fois pour la route inachevée ?

 

Le jeune garçon aux yeux noirs

ouvre vers la mer

un judas au verre translucide.

 

                                                                         Quine Chevalier

 

                                                                         Blessure raphia, page 3

 

                                                                         

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