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Blog littéraire du poète François Szabo bibliographie mise à jour de François Szabo avec ses poèmes en ligne en français, espagnol, catalan, italien

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première séance

Première Intervention de François Szabó en classe de russe de Madame Lazorchak

au Lycée Joffre prise de contact et activité décrite ci-dessous.

 

 

Poèmes écoutés en classe le lundi 19 octobre 2009 en russe,

 ici en traduction française de Véronique Lossky :

 

Rouen

 

Je suis entrée, et j’ai dit : Bonjour !

Il est temps, ô roi, de rentrer en France, chez toi !

Je te conduirai de nouveau sur le trône.

Et de nouveau tu me trahiras, Charles VII !

 

N’attendez pas, prince avare et chagrin

Prince exsangue, qui n’a pas redressé les épaules

Que Jeanne cesse d’aimer – la voix.

Que Jeanne cesse d’aimer – le glaive.

 

Il y avait Rouen, et à Rouen – le vieux marché-

-         tout sera à nouveau : le dernier regard du cheval

Et le premier craquement des brindilles innocentes

Et le premier crépitement du feu de pin.

Mais derrière l’épaule – mon camarade ailé

-         murmure de nouveau : patience, ma sœur ! –

Quand brilleront les cuirasses argentées

Par le sang de pin de mon feu.

 

4 décembre 1917

 

 

Amertume

 

Amertume ! Amertume ! Eternel arrière-goût

Sur tes lèvres, oh passion !

Amertume ! Amertume ! Eternelle épreuve –

De finalement céder.

 

Par amertume – j’embrasse

Tous, qui sont jeunes et beaux.

Par amertume – tu emmènes

Dans la nuit une autre par la main.

 

Amertume-chagrin, amertume-tristesse

Avec le pain je te mange, avec l’eau je t’avale.

Il y a une herbe semblable

Dans tes prés, oh Russie

 

10 juin 1917

 

 

 

 

Les Scythes (3)

 

Des flèches et des sortilèges,

Des nids et des trous,

Déesse Ishtar,

Protège ma tente :

 

Mes frères, mes sœurs,

Poix de mon minerai,

Cuveau de ma haine,

Déesse Ishtar,

Protège mon carquois…

 

(le Khan m’a pris !)

 

Pour que ne vive pas, qui est vieux,

Pour que ne vive pas, qui est souffreteux,

Déesse Ishtar,

Protège mon feu :

 

(la flamme est pointue !)

 

Pour que ne vive pas - qui est vieux.

Pour que ne vive pas – qui est mauvais,

Déesse Ishtar,

Protège mon chaudron

 

(Lueur d’incendie et goudron !)

 

Pour que ne vive pas qui est vieux,

Pour que se flatte – qui est jeune !

Déesse Ishtar,

Dirige mon troupeau

Jusqu’au confins de la lune !

 

14 février 1923

 

 

Le miroir a volé en éclats…

 

Le miroir a volé en éclats

Argentés et en lui se reflète – le regard.

Mes cygnes, les cygnes

Aujourd’hui volent chez eux !

 

De la hauteur nuageuse m’est tombée

Droit sur la poitrine – une plume.

Aujourd’hui, j’ai répandu dans mon sommeil

Quelques pièces d’argent.

 

Leur appel argentin est – sonnerie.

Pour moi, chanter – c’est argenté !

Ma mauvaise graine ! Petit cygne !

Cela te fait-il du bien de voler ?

 

Je viendrai sans me montrer

Ni à sa mère, ni à ses proches.
Je viendrai me tenir à l’église

Et je prierai les zélés

Pour mon jeune cygne.

 

1 mars 1916

 

Traduit du russe par Véronique Lossky

 

 

Je voulais vous remercier de votre écoute attentive malgré la confuse biographie de Marina Tsvetaeva que j’ai eu du mal à vous éclaircir tant sa vie est complexe : déplacements, tragédies, exils, naissances, décès, famines, solitude, fusillade, suicide…

 

Je vous laisse ici quelques dates clés :

Née le 8 octobre 1892 à Moscou – morte à Ielabouga le 31 août 1941

 

Issue d’un père à l’origine de la création du musée des beaux-arts et d’une mère pianiste qui ne put se consacrer à son art à cause d’avoir contracté la tuberculose, elle mène une vie à la scolarité chaotique à travers l’Europe (Suisse-Allemagne-Russie) elle finit par étudier la littérature médiévale à la Sorbonne à l’âge de 16 ans…

Elle est depuis ses débuts tournée vers la poésie

A Koktebel, en Crimée elle rencontre son mari Sergueï Efron, ils se marient en 1912.

Ils ont deux filles Ariadna (ou Alia) en 1912 et Irina en 1917

A la révolution d’octobre, En 1917 Sergueï Efron s’engage pour l’Armée blanche

Pendant la guerre civile, Marina confie Irina à un orphelinat pensant pouvoir la sauver de la famine, mais Irina y meurt de faim.

En mai 1922 Marina et Ariadna rejoignent Sergueï à Berlin

En août, ils sont à Prague où ils obtiennent une aide de la tchécoslovaquie

Naissance de leur fils Georges

En 1925 ils sont à Paris pour 14 années Sergueï contracte la tuberculose

En 1926 Marina est en Vendée et correspond avec Rainer Maria Rilke et Boris Pasternak

Sergueï Efron devient agent du NKVD futur KGB

Ariadna suit son père dans l’approbation de l’union soviétique,

elle retourne en URSS en 1937

Sergueï impliqué dans un assassinat d’un espion soviétique qui aurait trahi Staline, revient donc en Russie

En 1939 elle et son fils Mour (Georges) retournent en URSS

 

Sergueï Efron est fusillé en 1941

Ariadna passe 8 ans en prison

Marina et son fils sont évacués à Ielabouga

Elle se pend le 31 août 1941

 

Elle est réhabilitée en 1955

 

Bibliographie :

 

Parmi les principales éditions , chez les éditeurs suivants :

 

Editions Clémence Hiver

L’Âge d’homme

Les Syrtes

Gallimard

Actes Sud

Des femmes

 

La plupart des titres encore disponibles en librairie…

 

A la médiathèque d’agglomération :

Recueil, biographies, articles, cd d’Elena Frolova…

 

En russe, ses livres sont disponibles aisément en éditions de poche ou même les œuvres complètes en 1214 pages… à noter l’étude de la poésie de Marina tsvetaeva par Zubova éditée par l’université de St Petersbourg…

 

Sur internet de nombreux sites

 

A noter une correspondance immense publiée chez Gallimard et Des Syrtes

 

Peut s’écouter en ligne également la correspondance à trois Tsvetaeva-Rilke-Pasternak sur le site de la médiathèque centrale d’agglomération Emile Zola

 

*******************************************************************

 

Aperçu des couleurs

 

Les voyelles selon Rimbaud :

 

A noir

E blanc

I rouge

U vert

O bleu

 

Discussion sur le ressenti de chacun (e)

 

A comparer avec les fréquences des ondes des couleurs

Avec la fréquence des sons des voyelles pour voir si il y a corrélation (demander à madame Lazorchak si l’intuition d’ Arthur Rimbaud se vérifie en physique)

 

Questionnement sur la signification de la voyelle i et de la voyelle a

 

Avec les exemples

Ici / là

Aqui / allá

….

 

Conclusion de la proximité du i

 

Evocation du travail de Kandinski et de son étude des couleurs

 

Prise de ma part pour le parti du i jaune

 

Remarque sur l’âge des étoiles : les bleues très jeunes températures extrêmes, les jaunes jeunes (tel notre soleil) températures moyennes,

les géantes rouges anciennes températures faiblissant encore.

 

En peinture fréquemment considérées comme couleurs froide bleu et vert, comme couleurs chaudes rouge, jaune, orange…

 

Rappel des occurrences des couleurs dans la poésie de Marina Tsvétaéva :

 

Noir 151 fois

 

Blanc 132 fois

 

Rouge 117 fois

 

Bleu foncé 92 fois

 

Vert 51 fois

 

Azur 37 fois

 

Doré 25 fois

 

Argenté 22 fois

 

Gris 22 fois

 

Mais on trouve également jaune que 8 fois et bleu clair également 8 fois

Les, Rose 18, pourpre 17, framboise é, cerise 2 qui complètent la famille « rouge »

A noter qu’historiquement krasniï et krasiviï , le rouge et le beau ont la même origine en russe

 

Prédominance des modes Noir / Blanc

Et de la couleur Rouge

Absence quasiment du jaune alors que la couleur prédominante chez les fleurs st le jaune.

 

 

Demande d’attribuer chez soi une couleur à chacune des voyelles de l’alphabet russe

 

 

 

 

 

Quelques Remarques sur la versification de Marina Tsvetaeva juste évoquées

 

Rythme, rimes et assonances, construction, ponctuation

 

Remarquer la diversité de sa palette à l’aide des quatre exemples donnés de poèmes

 

Utilisation extrême du tiret en tant que ponctuation et pas seulement comme expression du verbe être.

 

Utilisation très fréquente du point d’exclamation

 

Remarque très pertinente d’une élève sur la gradation dans le déroulement du poème.

 

Rimes très originales qui font appel à un champ lexical ancien, traditionnel et également oral

 

 

Le mois prochain : lundi 23 novembre

 

Boris Pasternak

 

Les saisons – la vie

 

Travail plus précis sur son recueil « ma sœur, la vie »

 

Début de tentative d’écriture par les élèves autour des âges de la vie et les métaphores que sont les saisons

 

Aperçu de peintures russes depuis Répine à l’exception d’icônes anciennes

 

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